Fukushima : le débat nucléaire en France et dans le monde

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Fukushima : le débat nucléaire en France et dans le monde

L’accident de Fukushima est à l’origine d’un important débat sur l’avenir de l’énergie nucléaire en France et dans le monde. Pourtant, seule une poignée de pays a décidé d’abandonner l’atome au lendemain de la catastrophe japonaise et de nouvelles centrales sont en construction aux quatre coins du globe.

La décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire d’ici 2022, annoncé par la chancelière Angela Merkel quelques semaines après Fukushima, pouvait laisser penser qu’un mouvement global de sortie de l’atome était en cours, notamment en Europe. Il n’en a rien été et hormis La Suisse et l’Italie qui ont confirmé leur désengagement (décidé avant l’accident au Japon), le débat sur le nucléaire n’a touché qu’à la marge ce secteur industriel.

C’est logiquement en France, pays le plus nucléarisé au monde, que le débat a été le plus vif. Un débat qui a atteint son paroxysme lors de la primaire du parti socialiste, où Martine Aubry, l’un des deux principaux candidats possibles, portait un programme comprenant une sortie du nucléaire et le non-renouvellement du parc français devant arriver en fin de vie d’ici 2025. Face à elle, le candidat désigné, François Hollande, privilégiait pour sa part une réduction progressive de la part du nucléaire.

Un débat virulent qui a finalement été apaisé par deux facteurs : la désignation de François Hollande (notamment favorable à la poursuite du chantier EPR), mais aussi et surtout le faible score dans les sondages de la candidate écologiste Eva Joly, dont le parti (Europe Ecologie les Verts) est traditionnellement en pointe dans le combat contre le nucléaire.

Ailleurs en Europe, la décision du Parlement britannique de relancer son programme nucléaire et de lancer la construction de dix nouveaux réacteurs, a été perçu comme le retour de balancier pro-nucléaire de l’abandon de l’atome par l’Allemagne. Il est d’ailleurs intéressant de noter que cette relance du nucléaire britannique (et avant cela la catastrophe de Fukushima) n’a pas généré de débats au Royaume-Uni et fait l’objet d’un assez vaste consensus national.

Aux Etats-Unis, le programme nucléaire, en sommeil depuis l’accident de Three Miles Island en 1979, devrait également être relancé dans les mois à venir et l’autorité de sûreté nucléaire du pays vient d’annoncer l’homologation d’un nouveau réacteur de troisième génération (comparable à l’EPR) et la prochaine construction de nouvelles centrales (une première depuis les années 1980).

Enfin, les pays émergents n’ont pas été ébranlés par la catastrophe japonaise. S’il y a eu des manifestants anti- nucléaire en Inde et qu’un certain nombre de projets ont été mis en pause quelques mois après Fukushima, l’AIEA prévoit la construction d’au moins 90 nouveaux réacteurs d’ici 2050. Principale intéressée, la Chine, prévoit toujours de construire plus de 50 réacteurs nucléaires d’ici 2020. L’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud développent également des projets nucléaires.

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